13.08.2008

Grandeur, légèreté, profondeur

- Mais alors, qu’est-ce qu’un grand livre ? relança Mauve.
- Disons, un livre qui fasse date, concéda G., que le sujet mettait mal à l’aise. Il n’y en a pas tant, des livres dont on se souvienne vraiment.
- Un livre qui fasse autorité, tu veux dire ?
- Ah non ! L’autorité, ça n’a qu’un temps. Et puis, les livres qui font autorité sont des livres qu’on ne lit pas.
- Mais justement ! C’est ça, un grand livre, lança Junior : celui que les lecteurs trouvent grand, même quand ils ne l’ont pas lu !
- Je crois que Grand préférerait être lu, dit doucement C..
- Cela dit, c’est une vraie bonne question, rebondit Mauve. Le grand livre est-il dans l’intention de départ ou dans le résultat final ? Est-ce l’auteur qui fait le grand livre, ou ce que les lecteurs en retiennent ?
L’auteur, bien sûr ! pensèrent-ils tous. Mais seul un silence répondit à Mauve, car au fond d’eux les livres en doutaient fort. (…)

Truc n°2, p. 32

safran foer.jpgJe parlais tantôt des bons petits livres et des vrais bons livres. Je me suis peu attardé sur eux finalement. Parce que tandis que j’écrivais cette note, près de mon lit, m’attendait un Grand livre – pas forcément celui devant lequel on se sent tout petit, non : celui dans lequel le lecteur peut mettre beaucoup de choses.

"Extrêmement fort et incroyablement près".
Le genre de titre qu’on ne peut pas retenir, mais ce n'est pas grave parce que c'est le genre d’auteur qu’on n’oublie pas. Jonathan Safran Foer, donc. L’histoire, si vous voulez vraiment, vous la trouverez . Mais ce n’est pas une histoire, ce livre – c’est mille histoires qui en font une.

D’abord il y a eu le plaisir énorme de lire en VO, ce que je n’avais pas fait depuis longtemps, avec une musique qui décidément n’est pas celle du français. Le rythme non plus, d’ailleurs. Et cette capacité à aligner des faits pour faire vivre des images plutôt que d’aligner des mots pour illustrer une idée. Juste quelques mots simples accrochés les uns aux autres – et sur ses bras du lecteur, la chair de poule qui monte vers les dernières pages.

A chercher la profondeur l’auteur trouve souvent la lourdeur. En lisant Safran Foer, on comprend qu’il vaut mieux être léger pour atteindre la profondeur. Facts, facts, facts, putain. Et l’obligation d’inventer à chaque page.
Un jeune branleur vous salue bien bas, M. Foer.

PS - On me dit que ce livre était un peu décevant par rapport au tout premier de J. Safran Foer – Tout est illuminé. Chouette alors. De beaux moments en perspective.

PSS - Merci Péri.

06.08.2008

Chouette, un nuage

audeguy.pngDans moins d’un mois, déjà, les serviettes auront été repliées, les plages auront été balayées et le ballet de la rentrée littéraire aura commencé.
Cette année, comme tous les ans jusqu’en 2007, je m’en foutrai pas mal. Les courses aux prix ne m’amusent pas. Les grincheux encore moins qui ne manqueront pas de plaindre que tout est truqué (ah bon ?) et que c’est dégueulasse qu’on parle toujours des mêmes et que décidément le petit monde de l’édition etc (remplissez au hasard avec un poncife récupéré de l’année dernière)

En fait, plutôt que la sempiternelle question "Pourquoi ne parle-t-on que de Machin(e) cette année ?" (toujours passionnant), je voudrais poser une autre question :

Quand un vrai bon livre sort, ne finit-il pas toujours ou presque par émerger ?

Je ne parle pas des "bons petits livres" qu’on a plaisir à lire – je parle des bons livres, ceux auxquels on repense encore une fois la lecture finie. Le chemin peut être long – très long peut-être – mais finalement…

(ici, espace à remplir par la réflexion du lecteur.
Salut à toi.
Tes yeux brillent quand tu te fous de ma gueule tu sais ? c’est mignon.)

Bref.

Je pensais à ça en lisant La théorie des nuages, de Stéphane Audeguy. Voilà plusieurs années que j’entends parler de ce livre, j’ai complètement oublié ce que j’ai pu lire dessus mais j’en garde un petit mémo interne – ce gars-là m’intéresse. Encore fallait-il qu’il y ait rencontre. Parce que j’aurais pu me dire ça longtemps sans jamais le lire. Et puis, il y a quelques jours. Depuis Saramago, je n’avais lu que de bons petits livres (des mauvais, aussi), et enfin je suis tombé sur La théorie des nuages.

- Ah ouais, super, Et alors, ça parle de quoi.
- Ben, c’est un peu difficile à résumer.
- C’est pas ça qui va me donner envie, hein
- Si
- Comment ça, si ?
- Si. Peut-être pas maintenant, mais un jour. Tu ne te souviendras plus de cette conversation, tu te souviendras juste qu’on t’a dit un jour – ce bouquin, là, tu devrais le lire.

Voilà.
Ensuite, il y a eu L’attentat, de Yasmina Khadra. Même remarque.
Et puis ensuite, mais alors là, vraiment…
On en reparle.
Bronzez bien, avec ou sans nuages.

04.08.2008

Damned, je suis grillé

Et juste au moment où... je tombe sur ceci :

"Il faut que j'appelle Bertrand, il vaut la peine de quelques efforts mais je crains qu'il n'y ait pas grand chose de possible avec lui, parce qu'il manque d'ardeur et de conviction. Moi, je roule pleins gaz. J'ai peur que lui n'ait plus de carburant, qu'il n'ait débrayé et ne roule sur sa lancée."

Qui donc a écrit ça ?

(NB - ne pas croire tout ce qui est écrit, bien sûr)

 

huguenin_journal.jpg EDIT 04/08 : Donc, c'était lui. Jean-René Huguenin est mort à 26 ans, en 1962, après avoir publié un seul roman. Mais depuis 1955 il tenait un journal.

Un blog avant l'heure, où il n'aurait évidemment pas permis les commentaires, et devant lequel nous nous serions tous trouvés tout petits. Mais c'est bon de se sentir petit, parfois.

Huguenin, c'est une force de caractère hors du commun, la vingtaine éternelle, celle qui n'est que doute et énergie, qui avance et refuse de tourner en rond. Le genre de vingtaine déjà mûre qu'on peut avoir à tout âge.
On peut lire ce journal comme un livre sur l'inspiration, sans doute - mais c'est surtout une lecture qui inspire - le genre de type qui vous tire vers le haut quand il enlève le bas.
D'ailleurs je m'empresse de fermer ma gueule pour me contenter de citer sa toute première note. Il a 19 ans alors, peut-être 20.

"Je veux être la Force, la Résolution et la Foi. (...) Je me dis : Attention, attention.Tu n'as que vingt ans. Ne deviens pas comme la plupart des autres. Tu veux devenir solitaire et personnel et tendre quand même. Tu as raison. Mets tout en oeuvre pour le devenir. Tu as déjà fait des progrès dans ce sens, depuis deux ans. Mais tu es loin du but. Continue.
Je me dis : Ne sois pas si nerveux. Tu ne feras jamais rien de bon en obéissant à ces fausses inspirations qui ne sont en réalité que des excitations. Il faut être lourd, croître avec application et fermeté, et se méfier des écarts qui font perdre tant de temps. Il faut être une sorte d'éléphant dans la forêt vierge.
(...)
Mais je ne puis m'attarder maintenant. Le principal, c'est que je veux devenir solitaire, inflexible et tendre. Me dominer toujours. Eternel."

(J-R. Huguenin, Journal, 11 déc. 1955)

 

18.06.2008

Des aveugles et une claque

sarramago.jpgLa semaine dernière, j’ai pris une claque. Littéraire. Ce n’est pas si fréquent.
En réalité, il y a plusieurs types de claques.
Parfois, c’est un style nouveau qui jaillit et qui gifle – Les lois de l’attraction d’Ellis, le premier Houellebecq peut-être, le début de Sourires de loup de Zadie Smith, et même (oui, j’ose) le prologue du Hell de Lolita Pille.
Parfois c’est le contenu qui file une bonne baffe (Une femme à Berlin, récemment).
Et puis, il y a des claques qui viennent en douceur. Souvent des livres dans lesquels on n’a pas eu envie d’entrer tout de suite, et qu’on commence un jour, sans trop savoir pourquoi, jusqu’à ce que. Ces dernières années, ça m’avait fait le coup avec Mc Liam Wilson (Eureka Steet) et Murakami (Au sud de la frontière…). J’y étais entré lentement, comme on met un orteil dans la piscine pour jauger la température, et quelques pages plus loin, sans avoir rien vu venir, j’étais déjà plongé dedans.

Et donc, Saramago.
Depuis longtemps je les voyais, ces livres épais, sur la bibliothèque d’un ami au goût sûr. Plusieurs fois j’avais retourné le livre pour regarder distraitement la 4e de couverture, puis j’ouvrais le livre un peu au hasard – et je le refermais vite, découragé par cette écriture serrée et ces pages sans respiration. Que peut bien renfermer un livre de 400 pages qui ne passe jamais à la ligne ? C’était une sorte de mystère, une question que je laissais de côté pour plus tard.

Jusqu’à ce que les échos de Cannes me parlent d’un film tiré de L’Aveuglement. Il y avait donc peut-être une histoire, dans ces 400 pages. Alors j’ai repris le livre, je l’ai ouvert… Et dès la première page, j’ai vu. Qu’il se passait des choses. Qu’il s’en passerait encore. Que les mots étaient simples, mais les phrases profondes et non l’inverse. Qu’une mise en page sans respiration pouvait cacher un texte plein de souffle. D’ailleurs, si Saramago ne va pas à la ligne, c’est que la ligne va à Saramago ses dialogues sont entourés de simples virgules. Des dialogues courts, donc, qui vivent et font vivre, et où tout est dit en quelques mots.

Et l’histoire ? Ah oui, pardon. C’est simple. Page 1, un homme devient aveugle. Page 10, c’est déjà l’épidémie. Les premiers aveugles sont mis en quarantaine, mais parmi eux, une femme a menti pour suivre son mari. Elle voit – et avec elle nous suivons l’installation des aveugles dans leur prison, une sorte de western en huis-clos, où toute la vie est à réinventer, où les grandes espérances côtoient la merde quotidienne – la merde au sens propre, je veux dire : celle qui pue et devient vite, avec celle de la nourriture, une question centrale.
Et voilà.

Je pourrais développer mais non, il me suffira de dire que Saramago m’a coûté quelques nuits courtes et que je ne lui en veux pas. Parce que j’avais envie depuis longtemps de retrouver des grands livres, de ceux qui vous redonnent le goût des classiques.
Des livres qui sortent de l’ordinaire de nos imaginations formatées.
Des livres qui disent Nous plutôt que Je.
Des livres qui vous donnent une claque… et une furieuse envie de tendre l’autre joue.

A vous de voir.

05.05.2008

Enregistrement Pirate

- Dis, tonton pdf, tu nous racontes une histoire de pirates ?
- Ben… J’en connais pas.
- Mais si ! Il y a ce livre tout rouge que tu lisais dans ton bain hier, celui avec des dessins et des sourires dedans.
- Ah ! Mais ce sont des pirates un peu spéciaux, ils vont déjouer un complot anticommuniste en se déguisant et en séduisant des filles dans une aventure sponsorisée par une marque de pommade pour les cheveux.
- Chic alors ! En plus, des vrais communistes, nous, on n’en a jamais vus. Allez, emmène-nous !
- Oui, mais ce n’est pas racontable, comme histoire.
- Ben c’est pas grave, t’as qu’à nous laisser le livre avec le mode d’emploi, comme ça on pourra rire tout haut dans le métro, comme toi.
 - D’accord les enfants. Vous voulez que je vous lise un extrait avant de dormir ?
- Ouiii !

978-2-84263-153-6.jpg&tx=130&ty=200- Je crois que je vous avais mal jugé, déclara le capitaine pirate.
- Moi aussi, dit Marx. Vous voyez, Engels ? C’est là où j’avais tort : Das Kapital n’a pas une seule page à colorier!
- Oh! regardez, fit le capitaine pirate en s’illuminant : Paris!

(Les Pirates! dans Une aventure avec les communistes, p.92)

Mode d’emploi :
Se mettre n’importe où (une île déserte, un quai de la ligne 13), mettre sa logique dans une poche et son portable éteint dans l’autre, ouvrir le livre, dépasser le premier chapitre pour se mettre dans le bain, penser foutraque, absurde, malin. Puis plonger dedans, laisser échapper un bon petit rire entre deux sourires malicieux, avaler d’un trait. Se dire que chouette, il y a d’autres aventures disponibles au Dilettante.
Et hop.

18.04.2008

Spartacus est épuisé

1483715198.jpgJe me souviens, du temps lointain où se présentaient à nos suffrages des gens qui avaient un peu de culture, il y avait un de ces petits moments français, marronnier désuet où les journalistes, fin août, demandaient aux politiques ce qu’ils avaient lu pendant leurs vacances. Et pour afficher leur hauteur de vue, nos élus répondaient invariablement : « Oh, j’ai relu Machin ». Montaigne, Voltaire ou Chateaubriand, selon les sensibilités, l’important était le snobisme de ce j’ai relu.
Tout ça pour dire qu’il est très rare que je relise un livre.
Et pourtant, c’est étonnant.

De ma première lecture de Spartacus, j’avais gardé quelques bribes fortes – une image, surtout : celle de Spartacus épuisé, dépassé par son entreprise, prenant conscience que l’aventure ne se terminerait que par la mort et pourtant s’accrochant à sa chimère. Je me souviens aussi avoir songé illico qu’il s’agissait d’un des livres les plus importants du XXe siècle, et de l’avoir toujours pensé depuis lors.
J’étais certain avais retenu l’essentiel… Mais en le relisant 10 ans après je n’ai reconnu aucun passage précis jusqu’à la page 100, ou presque. Et la surprise de trouver vers le milieu du livre la scène que je tenais depuis dix ans pour l’une des scènes finales. Bref : avais-je tout oublié ? Sans doute pas, puisque plus j’avançais dans un livre qui m’apparaissait entièrement nouveau, plus je me rendais compte combien la structure du roman #2 est proche de celle de Spartacus. Ce qui ne peut pas être un hasard.

Mieux vaut sans doute ne pas expliquer, les grands livres sont plus forts que nous, ils pénètrent à l’intérieur et la peau ne retient rien, elle se régénère juste pour prendre d’autres livres.

***

Spartacus n’est pas seulement crevé par ces Gaulois qui l’emmerdent à vouloir piller et ripailler quand il voudrait construire la Cité du Soleil.
Il est aussi épuisé par Hachette et de ses contrôleurs de gestion. Le livre de poche ayant épuisé son tirage, il aurait été simple de le rééditer (avec une couv moins putassière que ce magnifique Kirk Douglas en jupette, complètement fausse puisque le film est tiré d’un autre roman que celui de Koestler).
Mais non.
Le groupe Hachette préfère le ressortir à 18 euros chez Calmann-Lévy.
On imagine bien le raisonnement de comptable à deux balles : puisqu’il paraît que c’est un chef d’œuvre, mettons-le donc quatre fois plus cher.
(et puis quoi, merde, les prix sont libres, comme les esclaves, a dû dire en rigolant un marketeur qui n’avait pas lu le livre)

Erreur : la valeur d’un chef d’œuvre est inestimable. Spartacus n’a pas de prix.
Merci à la Ville de Paris de l’avoir affranchi.

25.03.2008

Je suis un dieu vivant

Ecrire n’est pas une question de temps. C’est une question d’énergie. Une énergie qu’on puise en soi, chez les autres, au bout du monde ou au coin de la rue, et parfois dans des livres.
Hors jeu
devait beaucoup à la lecture de Ravalec, Jaenada et Gran – le genre de lectures énergisantes, qui donnaient envie de transformer légèrement le réel pour mieux en sourire. De passer du café du commerce avec formules et points-virgules à une création, une vraie, bonne ou pas ce n’est pas la question, l’important est de dominer ce qu’on fait. D’être un dieu vivant avec son petit monde au bout du crayon. Et depuis… pas grand’chose. De très belles lectures, c’est sûr, mais rien qui ne vienne titiller l’envie.

84626100632860M.gifAprès quelques mois de sécheresse un peu bougonne, je remercie donc Julien Blanc-Gras. Comment devenir un dieu vivant m’a redonné une pêche de printemps. Et l’envie, surtout, de transformer quelques petits élans de râleur rabougri en micro-fiction. Avec un plaisir d’écrire qui me fuyait depuis longtemps.
Et en attendant d’en faire profiter Roman #2 (oui je rêve toujours de l’élan qui soudain emportera tout et me fera terminer le livre d’une traite, où tout ce que j’ai pu imaginer autour de cette histoire se transforme en vague arrachant tout sur son passage, où tel un dieu connu je prendrais sept jours pour… Bon, d’accord, pas maintenant, je vais faire un peu de ménage)… En attendant d’en faire profiter Roman #2, donc, le plaisir est revenu.
Le résultat est là.

20.02.2008

Deux voyages, encore

d529c404f2ff05ef1c2e2c47e3776e46.jpgAu bout du monde, on peut enfin lire les livres qu’on n’avait pas le temps courage d’ouvrir dans le flot de la ville.

Un jour en écrivant ici m’était venu l’idée que les grands livres sont ceux face auxquels le lecteur se sent tout petit. Dans mon bout de monde récent je ne me suis pas senti tout petit seulement devant l’immensité de l’océan (waouh, c’est beau), mais aussi devant deux livres :

  • Voyage d’un Européen à travers le XXe siècle, de Geert Mak – 1000 pages d’une histoire factuelle et humaine de l’Europe, de Verdun à Berlin en passant par Lisbonne ou Saint Pétersbourg
  • Une saison de machettes, de Jean Hatzfeld – récit de Hutus ayant participé au génocide rwandais contre les Tutsis.d25369069479ab9325b9fdf2bd2790cb.jpg

Deux livres qui ne cherchent pas l’émotion (la valeur politico-marchande en hausse) mais qui permettent de comprendre, de se mettre à la place de. Et qui suscitent l’émotion, évidemment, sauf qu’elle vient à la fin – et de l’intérieur.

Du premier je viens de parler plus longuement sur Strictement confidentiel, si ça vous intéresse (vous venez de cliquer ? vous avez bien fait).
Du deuxième vous trouverez ici (toujours chez SC) les quelques extraits qui m’avaient donné envie.

 

Je n’imagine pas que vous allez vous précipiter dessus – il m’a bien fallu un an pour finalement lire Hatzfeld.
Mais un jour c’est sûr vous en entendrez parler, de ces deux livres. Le commentaire sera laudateur. Et vous vous souviendrez qu’on vous en avait déjà causé.
Et là, peut-être, qui sait, vous partirez en voyage.

05.01.2008

No et moi et moi

33d5d8451c5a5613b1a1d2db8db4506e.jpgEtonnant comme parfois les critiques positives glissent sur nous. Depuis quelques mois je n’en avais entendu que du bien, de ce livre, j’avais rencontré son auteur qui m’avait laissé une belle impression, et puis non, je ne pensais pas à lire "No et moi". Sans raison particulière.
Alors qu’il suffit de quatre pages pour entrer dedans et savoir qu’on n’en sortira qu’à la fin - et peu importe qu’elle soit prévisible quand le chemin est écrit juste.

C’est facile, en fait, la fameuse "chaîne du livre" : quelqu’un écrit un roman, quelqu’un l’aime, quelqu’un le conseille, quelqu’un l’offre. Et on recommence…

Salutations à la demoiselle du train Paris-Montpellier qui lisait délicatement par dessus mon épaule. Si j’avais commencé ma lecture plus tôt, j’aurais eu un franc plaisir à vous l’offrir.

29.11.2007

Flic

 J'ai commencé à le lire ce week-end et bang ! à Villiers-le-Bel une collision a mis le feu.

Mais même sans la résonance de l'actualité, ce livre est passionnant, parce qu'il met de la vie, sans sucres ajoutés, là où on ne nous montre que du sensationnel ou des statistiques. 

"Flic", c'est une série de chroniques sur la police ordinaire. On y croise peu d'émeutiers mais quelques petits trafiquants, des alcoolos et quelques drogués, des femmes battues, des suicidés - et au milieu des sourires de collègues ou une fraternisation surprise sur le bitume. C'est l'humain sous l'uniforme, un personnage de l'ombre des séries télé qui soudain devient personnage principal. En quelques pages, des petites histoires du quotidien, qui font mouche à chaque fois, ou presque, précisément parce que Bénédicte Desforges ne recherche pas l'effet.

On en trouvera des exemples ici ou - parce avant d'être un livre ces chroniques ont été un blog (et franchement, la question "est-ce que ça méritait de devenir un livre", on s'en fout complètement).

"Flic", c'est un peu la vie comme on refuse souvent de la voir, un livre qui donne envie de sortir dans la rue - pas pour manifester, juste pour y vivre un peu plus. 
Parce que ce n'est pas son objet, le livre n'apporte pas de réponse à l'impasse actuelle. Mais il permet de se poser des tas de questions - et les bonnes.

Je ne donne pas d'exemple, chacun aura les siens.

Soyons unis, soyons en forme, enlevons les uniformes. 

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