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14 juillet (ça ira)

duquesnoy, journal, mazeau, mercureC'est l'histoire d'un jeune trentenaire récemment monté à la capitale et qui se demande parfois ce qu’il fout là… STOOOP! dis-tu, et tu as bien raison.
Sauf que ce jeune trentenaire est né en 1759 et que nous sommes en 1789 : Adrien Duquesnoy est représentant du Tiers Etat aux Etats Généraux de Versailles, et il écrit son journal de bord - le journal d’un type pondéré, soudain plongé dans l’action.

Il y a tellement de choses, dans ce livre ! On y voit la naissance de notre démocratie parlementaire, qui fait tomber des règles caduques et en invente de nouvelles non sans chaos. On y sent les débats de l’Assemblée, avec leurs vedettes Mirabeau, Sieyès ou Lafayette tandis que Talleyrand et Robespierre apparaissent en personnages encore secondaires. On y apprend avec l’auteur que 200 000 hommes en armes gardent Paris et que le peuple gronde en ce début juillet.
On a vraiment l’impression d’y être, et c’est normal : parce qu’on y est !

Duquesnoy n’a pas écrit ce texte quelques mois après l’événement : il écrit vraiment au jour le jour, et il ne cache pas ses emballements (le Serment du Jeu de paume !) ni ses frustrations : c’est qu’Adrien voudrait avancer sur une Constitution, et en le lisant on se dit qu’il a bien raison, on s’agacerait presque avec lui quand quelqu’un propose une ‘Déclaration des droits de l’homme et du citoyen’ en se disant que Merde, encore un type qui veut se faire mousser…

On peut lire ce livre comme un document historique. On peut aussi le voir comme une série à suspense riche en ironie dramatique (parce que nous savons, nous, comment l’Histoire a figé les événements).
On peut aussi le recommander à toutes celles et ceux qui s’intéressent un peu à la politique - il y a beaucoup de Nuit Debout, au fond, là-dedans : le chaos, le collectif, les personnalités qui émergent, les impatiences, les hésitations, les débats qui ne servent à rien - et puis, au milieu de tout ça, des moments grandioses, comme l’abandon des privilèges.

Ah non, vraiment, c’est à lire.

Si vous avez eu l’occasion de voir « Ça ira », la pièce de J. Pommerat, vous verrez combien la pièce emprunte à ce livre. Et si vous ne l’avez pas vue - eh bien, courez-y.
Sur ce, bon feu d’artifice, merde aux privilèges, et allez les Bleus.

Adrien Duquesnoy - Un révolutionnaire malgré lui (Journal, mai-octobre 1789), édité par Guillaume Mazeau - Mercure de France, 2017

 

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