Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Chavirer (vraiment)

lafon chavirer.jpgOn m’avait dit « Tu verras, c’est une écriture très classique, mais c’est vraiment bien fait ».
Je n’avais jamais lu Lola Lafon - ou plutôt : j’avais essayé, par deux fois, je n’avais pas réussi. Trop de manières, je crois - cette manie des auteurs français de nous prouver qu’ils écrivent bien (qu'ils lisent Carrère, tiens, avec son air de ne pas faire de style).
Autant dire que le crédit-pages de Chavirer était de 10, 15 au maximum.
Il en a fallu moins de 5 au roman pour me faire virer de bord.

Quelle finesse ! Pas tant dans l’écriture, mais dans le choix des scènes, dans les ellipses, dans les personnages eux-mêmes. Parler d’abus sexuels dans l’enfance (et bien plus que cela) sans le moindre pathos, la langue qui s’efface derrière les personnages sans juger ni les uns ni les autres (mention spéciale pour la confrontation entre la fille timide de Fontenay-sous-Bois et les militants parisiens post-étudiants qui veulent parler de la banlieue). Et l’intelligence, et la distance, et la fluidité.
C’est fou, finalement, ce qu’on peut faire avec l’écriture classique.

Je me fous des prix littéraires, mais si ce Chavirer en rafle un gros, ce sera justice.

 

EDIT - Le crédit-pages

Je m'aperçois que ma vieille théorie sur le crédit-pages a disparu avec le blog précédent (une petite perte pour l'humanité, une assez grande pour moi, je dois dire).
Alors, en rapide résumé, voilà :
A chaque fois que vous ouvrez un livre, sans en avoir exactement conscience, vous accordez à l’auteur un crédit de X pages pour vous intéresser à son histoire, faute de quoi vous le refermerez sans remords (hormis celleux qui n'osent jamais ne-pas-finir un livre, je les plains) et le renverrez au fond de l’armoire de vos déceptions littéraires. Ce « X » est une synthèse complexe de facteurs hétéroclites : le nom de l’auteur, le titre du livre, l’éditeur, le texte de la 4e de couverture, une interview entendue à la radio, une critique lue dans un journal, le conseil d’un ami, la tête de l’auteur… A chacun ses critères, évidemment.
Et je crois que je ne m'arrêterai pas de bloguer tant que cette théorie ne sera pas devenue un classique de l'analyse littéraire.
Sur ce, bonnes lectures

Commentaires

  • Dis-moi pas que tu vas me convaincre de lire cette nouveauté? Je t'en reparle!

  • Je n'oserais pas dire ça, mais si je le faisais j'en serais assez content (en tout cas, si tu aimes (mais je suis confiant))
    A suivre!

Écrire un commentaire

Optionnel