25.04.2008
Stupre
Chère Maman,
Je t’écris aujourd’hui pour te faire un aveu.
Voilà : j’ai écrit dans Stupre.
Je préfère le dire parce qu’on ne sait jamais, des fois qu’une de tes partenaires de bridge, par exemple, vienne te dire en plein tournoi qu’elle est tombée dessus par hasard évidemment et qu’elle a vu mon nom, Ce ne serait pas votre fils, dites-donc, ah mais dites-moi, etc. Ce serait ballot.
Je ne voudrais surtout pas que tu imagines que je me suis vautré dans le stupre.
D’abord parce que j’espère bien ne pas m’être vautré – en tout cas, je me suis bien amusé à écrire cette histoire de Princesse qui attend son cyber-prince charmant dans une chambre d’hôtel. En plus, cette histoire, je l’ai imaginée avec mon amie Virginie T., tu sais, celle qui a peint le tableau rouge que tu aimes bien, alors...
Et puis surtout, le principal atout de Stupre, c’est la fraîcheur. "Contre la domination de l'image pornographico-publicitaire", dit l'édito. En fait, Stupre, c’est une revue érotique, sauf que c’est bien.
Tes collègues de bridge auront peut-être été un peu décontenancées de ne pas y trouver (ou si peu) cet érotisme classique aux règles bien figées, avec tout plein de synonymes pour dire bite et des périphrases à la con du genre "son petit bouton de rose". Non. Stupre, ce n’est pas non plus de la mécanique-pour-faire-bander, ni de l’érotisme M6. Juste des gens qui manifestement ont pris plaisir à écrire. Et des gens bien, en plus (allez, je te donne quelques noms : Anthony Naglaa, Justine Miso, et tous ces gens que je découvre : Jean-François Casella, Wendy Delorme, Aude Picault, Emma Becker…)
Alors voilà. Maintenant tu sais. J’ai préféré de te le dire ici plutôt qu’à un repas de famille, parce que je sais que tu fais des progrès fulgurant dans ta maîtrise de ce monde plein de surprises et de dangers qu’est l’Internet et que tu viens lire ici de temps en temps en cachette. Si tu veux vraiment voir ce qu’il en est, tu pourrais le commander ni vu ni connu sur une librairie en ligne… Mais ce serait petit. Je te conseille plutôt de le demander à ta libraire préférée, je crois qu’elle a le goût sûr, et puis je sais que tu en es capable… J’imagine déjà la scène et ça m’amuse beaucoup.
Je t’embrasse,
B.
19:51 Publié dans Lettres ouvertes | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note
29.01.2008
De l'autre côté
De : PDF ................................
A : BG..................................
Objet : Nos retrouvailles d’hier soir
Salut mec,
Tu avais bien besoin de bouger, hier soir, alors Istanbul, c’était parfait.
De l’autre côté de la salle, il y avait cette jolie demoiselle que tu avais croisée au café du cinéma en attendant - mais c’est avec toi que tu avais rendez-vous. Tu as pensé à elle un peu, au début, parce que le film démarrait lentement. Puis tu as eu le temps de réjouir enfin de ces sept ans d’allemand auxquels tu n’avais jamais jusqu’ici trouvé d’utilité. Ensuite tu n’as plus pensé du tout. Tu n’es entré pleinement dans le film que dans sa troisième partie, mais alors tu as bien plongé.
Jamais tu n’aurais pensé que deux heures s’étaient écoulées quand, au moment où tout allait commencer, le générique a commencé à défiler. Mais n’était-ce pas le plus beau générique de fin que nous ayons vu ? Un homme est assis sur la plage, il attend. Et nous avec. Et le bruit des vagues qui porte à l’infini.
Evidemment tu as repensé aux vagues de Batroun, mais je t’accorde que tu ne t’y es pas arrêté longtemps. C’était une nostalgie un peu vide, celle qui appelle doucement à autre chose.
C’est elle qui t’a bercé sur le chemin du retour, dans ce calme fascinant de Paris le lundi soir. Entre nous, hier, la lenteur des pas et les pneus des voitures au ralenti sur les pavés de Montmartre valaient bien le bruit des vagues. Tu avais raison, c'était bien un générique de début.
Ce n’est qu’en ouvrant la porte de chez toi que tu as pris conscience que le Paris que tu venais de traverser n’était pas qu'un décor de cinéma. Alors tu t’es souvenu que la poésie est toujours à deux pas si tu sais la créer, et qu’il est grand temps que tu atentende d’autres vagues.
De l’autre côté est un très beau film, entre Hambourg, Istanbul et Montmartre. Tu te souviendras de ça.
Allez, gars, bouge-toi et marche.
Salut.
00:10 Publié dans Lettres ouvertes | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
30.06.2007
Cher internaute anonyme (4)
Il se passe des choses étranges, depuis le 6 mai. Et je ne parle pas seulement du fait que le ciel n’en finit pas de pleurer nos choix hasardeux. Non, non, cher internaute anonyme, je parle de toi.
D’abord j’ai cru que tu avais changé, que mater des photos de présentatrices télé ne t’intéressait plus. Tous ces mois à chercher le décolleté d’Ariane M*** et soudain, plus rien – bonne nouvelle ! Mais Elise ? Pendant trois mois tu es passé chez moi, limite impoli, en demandant si c’était bien à cet étage qu’on pouvait trouver Elise Chassaing. Certes, je me suis moqué de toi, je me suis gaussé parfois – mais j’avoue que je m’y étais un peu habitué, à te voir débarquer les yeux déjà écarquillés. J’étais inquiet pour toi, alors j’ai demandé à mon ami Google ce qu’il en pensait.
Et sais-tu ce qu’il m’a répondu ?
Rien. Mais vraiment, rien. Elise Chassaing n’habite plus à cette adresse, elle a retiré sa plaque en bas de l’immeuble et hop ! disparue. Entre nous, ce n’est pas très grave, hein. Mais tu me connais, je n’ai pas pu m’empêcher d’imaginer le pire – qu’elle m’avait confondu avec toi, sympathique mais bourrin anonyme, et qu’elle avait demandé à ce qu’on ne puisse plus faire le lien entre elle et moi. Terrible…
Mais passons. Parlons plutôt de toi, cher internaute, et de tes atermoiements. Car oui, ne me mens pas, je sens bien que depuis deux mois tu es désorienté, tu te poses des questions nouvelles. Tu te demandes si tu ne devrais pas prendre le maquis (plan Fougères), t’exiler très loin (Petits hommes verts buzz) ou te vautrer dans la nostalgie chiraquienne (la coupe de cheveux de Bernadette)… Après les législatives, tu as hésité à rentrer dans le rang, tu m’as demandé Pourquoi écrire à un député et Comment niquer la droite… Je ne t’ai pas répondu, mais tu le sais bien, au fond : la réponse est en toi.
Tout cela, c’était en mai. Depuis, je le vois bien, tu es retourné à la futilité : Combien de sourcils poussent en une semaine (tu as la réponse ?), Fond d’écran belle soirée d’été ou Fond écran gros caca (faut choisir), Cuite au G8, Bimbos et intellos ou encore Deuxième étage s’éclater.
Tu m’as fait plaisir aussi en cherchant, souvent, les excellentes Stéphanie Rivoal (Darfour) et Sophie Maurer (Asthmes) - mais pourquoi me demander 7 fois si Sophie Maurer (est) mariée ? Et tu continues à taper plus souvent Eliminations directes que Hors jeu – allez, maintenant faut s’y faire, hein, moi-même je m’y suis fait. Mais je sais que tu t’adaptes vite…
Et puis, bien sûr, pour finir, il y a ce difficile rapport que tu entretiens avec le sexe.
Un jour tu clames Pas de cul sur mon écran, le lendemain tu cherches du cul à tout prix, des vulves (pas toujours paradoxales) ou un Blog de sexes gratuits (j’aime beaucoup tes pluriels). Tu me confies un jour tes élans romantiques (Deuxième amour, Brune aux yeux verts), pour finir par crier pitoyablement dans l'immensité Googlienne : J’ai envie de niquer à Paris. Pauvre type. Car tu es un homme, n’est-ce pas ?
Quoique. Parfois je lis en toi un espoir pour l’avenir et j’aime à croire que tu es une femme.
La semaine dernière, par exemple, à neuf reprises (neuf!), tu as cherché un « bon coup » sur Google. Je ne sais combien de pages tu as visitées en vain avant de le trouver, ce bon coup, ce fut un long voyage sans doute mais une fois chez moi, me dit Google, tu as posé tes bagages.
Dans mes bras, anonyme internaute ! Je sens que nous allons passer un bel été ensemble.
15:40 Publié dans Lettres ouvertes | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
29.05.2007
Libération par la face Cool
Toutes les périodes importantes de nos vies s’incarnent dans un souvenir emblématique.
Pour certains, c’est une photo qui vieillit dans un album ou sur une commode. Souvent, c’est une anecdote qu’on réinvente jusqu’à ce qu’elle devienne mythe. Il y a aussi les chansons, les livres et les films, que nos yeux et nos oreilles redécouvrent à chaque fois.
Enfin, il y a les tableaux. Ceux qu’on a sous les yeux chaque jour et qui vieillissent avec nous.
L’important dans une œuvre d’art, plus encore que dans un livre, c’est ce qu’on met dedans. Quant à savoir ce qui fait le coup de cœur… Autant ne même pas chercher à expliquer.
Fin 2006, après le Dilettante et juste avant d’arrêter de travailler, j’ai voulu choisir mon souvenir.
Il s’appelait "Cool", et il était signé Virginie Talavera.
J’ai découvert le blog de Virginie Talavera il y a presque deux ans (déjà!) alors qu’elle venait de larguer les amarres pour se lancer dans une carrière purement artistique.
Elle y exposait ses premières ébauches, sa vision de la féminité, des dessins (j’espère avoir l’occasion de vous en reparler bientôt) et de loin en loin je prenais plaisir à suivre sa démarche – celle d’une libération personnelle, l’abandon progressif des autocensures pour accéder à une expression profonde.
Le talent était évident, la volonté était farouche. Depuis longtemps je me disais que quand je serais prêt, je lui achèterais une toile.
Quand elle a mis en vente son Cool, j’ai su que le moment était venu.
Mais je n’étais pas le seul, évidemment. Et juste au moment où j’allais me lancer dans les enchères, l’artiste souveraine a décidé de découper son tableau. Du Cool naissaient six « Pieces of Peace ». J’aurais bien acheté les six, mais finalement j’aime bien l’idée, assez romanesque, que quelque part dans le monde des inconnus possèdent un autre bout de ce tableau, et que l’artiste est la seule à savoir.
Alors des deux têtes j’ai fait un diptyque.
Depuis quelques jours, voilà enfin la toile encadrée, et accrochée. Mais l’histoire n’est pas finie. Il reste à trouver le mur qui saura mettre le tableau en valeur – le tableau, et tout ce qui va avec : le souvenir de la belle période qui aura précédé la sortie du roman ; et la volonté d’aller plus loin.
Virginie, merci.
00:55 Publié dans Lettres ouvertes | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note
26.03.2007
April, come she will (Versailles Rive Droite)
Tu ne me croiras sans doute pas, mais c’est vraiment par hasard que je me suis assis là, en diagonale de tes jambes croisées.
C’est quand j’ai vu tes cheveux que j’ai compris que j’avais eu raison. Mi-longs ondulés, ils ressemblaient étrangement à mon souvenir de la jeune fille blonde de 4e7. Bracelet rose et sourire grave, tu avais les mains d’une jeune étudiante mais déjà au visage les traits d’une trentenaire – et souvent ils sont plus beaux, les visages passés trente ans, il y a tellement plus à voir dedans.
Tu as semblé intriguée par le titre de mon livre (La dernière fille avant la guerre – tu as du goût), et pour riposter tu as sorti de ton sac quelques feuilles agrafées, avec des passages surlignés au marqueur, et j’ai pensé que tu irais certainement jusqu’au terminus. Versaille Rive Droite.
De temps en temps tu répondais à mes regards et c’est moi qui détournais la tête, sans empressement, nous jouions mollement avec la limite de bienséance des transports en commun. Dehors il faisait beau. Dedans aussi.
Pont Cardinet, un guitariste est entré pour érailler doucement April, come she will, je suis sûr que tu ne la connaissais pas, cette chanson, dommage, elle est devenue la bande-son de notre rencontre.
Le guitariste a enchaîné sur Don’t dream it’s over, j’ai sorti mon carnet et commencé à noter, comme si j’avais su dessiner, toi tu prenais la pose en levant le nez de tes feuilles. Un instant j’ai pensé qu’écrire était juste un prétexte pour ne pas faire les deux mètres qui nous séparaient, mais en fait non, je n’avais aucune envie de savoir vraiment ce que tu fais dans la vie, etc. Mieux valait de beaucoup t’imaginer. C’est sans doute ce que tu voulais me dire quand tu as tourné la tête vers le quai au moment où je me suis levé pour descendre.
De toute façon, nous ne sommes pas encore en avril.
20:27 Publié dans Lettres ouvertes | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note
19.03.2007
Cher internaute anonyme (2),
Google m’a parlé de toi, ce matin. Et franchement, je dois dire que tu progresses.
Bien sûr, tu es toujours fasciné par les décolletés d’Ariane Massenet, bien sûr dans tes moments d’égarement tu rêves qu’Elise Chassaing ôte ici ses vêtements...
Mais la plupart du temps c’est moi que tu cherches (salut) – ou alors des personnes de valeur : Laura Alcoba, Antoine Bello, Joy Sorman, Kallauze, Miss Belgique ou Anna Gavalda (cherchez l’intrus). Ça fait plaisir.
Cela dit, je dois te l’avouer, j’étais presque déçu que jamais tu ne viennes m’amuser par de truculentes requêtes – de celles qui me feraient rire ou qui m’en apprendraient sur toi.
Jusqu’à la semaine dernière.
Tout a commencé gentiment avec ce "fond d’écran lapin" intrigant. Puis il y a eu "porno gratuit vieilles femmes avec jeunot", ma première vraie requête classée X, d’une classe folle.
Ensuite tu t’es repris : "Sollers pile ou face", "Distributeur à café grand public" ou "Synonymes de niquer", c’était sympathique.
Mais surtout, Google me dit qu’hier tu as tapé dans ton petit moteur : "Caroline truc". Je voudrais m’arrêter un instant sur cette requête : tu avais donc entendu parler d’une Caroline dont tu ne te souvenais plus du nom de famille ("mais si, tu sais, Caroline truc, là, celle qui...") et tu as vraiment cru que Google allait t’aider. Que Google était un nouveau dieu (il existe bien une Church of Google...).
Allez, je suis sympa, je ne dirai pas aux lecteurs de ce blog combien de pages tu t’es tapé avant d’atterrir ici.
Caroline Truc.
En tout cas tu m’as bien fait rire, reviens ici quand tu veux, j’aurai peut-être un peu plus de temps pour m’occuper de toi.
Cette semaine, par exemple. Parce que cette semaine, c’est Salon du livre, et que mon roman a enfin trouvé son titre. Je t’en reparlerai, si tu veux.
Allez, allons voir ailleurs si le monde y est, et à bientôt !
09:27 Publié dans Lettres ouvertes | Lien permanent | Commentaires (36) | Envoyer cette note
12.03.2007
Cher Jacques,
Ah, c’était creux mais c’était presque beau, hier soir, ces "combats de ta vie" que tu poursuivras, nos suffrages que tu ne solliciteras plus (ce n’était pas ça, le combat de ta vie ?), cette France que tu aimes autant que tu nous aimes...
En t’écoutant hier soir j’ai pensé à mes livres d’histoire quand j’étais enfant, tu sais, tous ces rois dont on voyait qu’ils étaient restés longtemps mais dont on se demandait ce qu’ils avaient fait.
De toi, il restera peut-être une petite ligne pour signaler la fin du service militaire, ou pour souligner la fin d’une époque de faux monarques balayés par les nouveaux directeurs marketing.
On se souviendra peut-être de l’Irak ou de tes mensonges, on se souviendra qu’on a voté pour toi après tes 19% au 1er tour, des journalistes complaisants écriront encore un peu sur le "mystère Chirac", quelques lobbies se souviendront que tu les a bien traités, puis les historiens feront le tri et il ne restera rien.
Et les Wampas continueront de chanter Chirac en prison mais au fond on continuera à s’en foutre un peu, tu prendras juste tes petites affaires et tes frais de bouche et tu iras tranquillement finir de dépenser notre argent un peu partout dans le monde.
Les Wampas, tiens : tu les as peut-être vus la semaine dernière sur France 3, à l’Eurovision. Après l’année dernière, j’avais enregistré l’émission. Imagine un peu : toute une nation conviée par SMS à élire son plus fier représentant devant l’Europe, quel programme exaltant !
Je rigole, bien sûr, l’Eurovision a toujours été un spectacle désolant, au premier degré comme au second – aussi nul, tiens, que toi il y a un an dans cette minable émission TF1 où tu avais fait gagner le Non au référendum.
J’ai passé la cassette en accéléré, j’ai pensé à toi un petit peu mais surtout à la campagne actuelle.
Il y avait des similitudes troublantes.
D’abord une vraie question sur la pré-sélection, on se demandait comment certains concurrents avaient pu recueillir 500 signatures. La faiblesse des programmes, ensuite, des commentateurs encore plus mauvais que les candidats et, paraît-il, un taux d’abstention record.
Et pourtant, au bout du compte, cette lueur d’espoir : le peuple français dans sa sagesse a voté pour le seul candidat qui avait pensé à l’Europe en s’amusant en franglais.
Comme quoi on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise.
Allez, Jacques, ne t’épuise pas trop dans tes combats, et bonne retraite.
09:40 Publié dans Lettres ouvertes | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
13.01.2007
Chère Michèle,
Non, rien.
01:50 Publié dans Lettres ouvertes | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
09.01.2007
Chère Marie-George,
Donc, tu es candidate.
(oui, je te tutoie, après tout on a fait campagne ensemble il y a dix ans, hein, et puis je t’aurais bien dit "vous" si tu avais représenté ces "collectifs" dont tu te serais bien réclamée, mais bon, non.)
Jusqu’au dernier moment j’ai eu cet espoir absurde que tu ferais un geste historique et que tu t’effacerais pour laisser porter une voix nouvelle.
Mais les petits calculs ont été les plus forts. Il fallait bien sauver les quelques strapontins qui restent au parti, hein ?
J’ai lu quelques articles évoquant ta déclaration de candidature, je n’ai pas pu les finir. Un peu comme quand Hollande ou Villepin parlent à la radio, tu sais, cette impression d’impuissance, ces mots vidés de chair, ce discours qui glisse.
Mais avant de me résoudre, je voulais te dire deux fois merci.
Merci d’abord à la Ministre que tu fus, d’avoir montré que l’énergie des convictions pouvait encore soulever des collines. Je garde le souvenir de ta lutte antidopage.
Merci aussi pour m’avoir convaincu lors du dernier référendum.
Tu te souviens, comme la campagne était belle, comme on en parlait dans les cafés, comme la flamme qu’on croyait éteinte s’était vite rallumée ?
Il était mauvais, ce texte, on avait furieusement envie de voter non. Et pas seulement pour dire merde, même si ça me démangeait. Mais mon petit doigt me commandait de voter oui. Parce qu’il fallait bien avancer un peu, même en biais.
Et puis un jour, je t’ai entendue clamer que les peuples d’Europe allaient se lever. « Mais les Espagnols ont voté », a rétorqué la journaliste. Là, tu ne t’es pas démontée, tu as toisé la Chabot et tu lui as dit, en substance, qu’on finirait bien par déciller les yeux du peuple espagnol. Alors je t'ai bien regardée, Marie-George, je t'ai imaginée face au peuple espagnol et j’ai pris ma décision. Tu m’avais convaincu. Ce serait Oui.
Ce jour de mai 2005, Marie-George, tu as fait gagner l’adulte réaliste que j'ai toujours tenu en bride. J’espère que dans les mois qui viennent tu sauras le provoquer un peu, ce réaliste malgré-lui, que toi ou d’autres saurez le titiller dans ses convictions pas drôles. Parce que juste derrière, l’idéaliste veille toujours. Il ne croit plus guère aux chimères, les gesticulations inutiles lui donnent des crampes, mais il n’en peut plus de rester assis. Et il sait qu’un jour viendra où il reprendra la main.
Allez, adieu, Marie-George.
Une autre fois, peut-être.
23:30 Publié dans Lettres ouvertes | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note
26.12.2006
Cher internaute anonyme,
Quand j’ai ouvert ce deuxième étage, je te l’avoue, je ne pensais pas que tu viendrais ici.
Je ne t’ai jamais fermé la porte au nez, après tout c’est open bar, mais bon, je ne fais pas vraiment table d’hôtes et je n’avais pas cherché à figurer dans les guides touristiques. D’un autre côté, tu m’as toujours un peu fasciné. A force de lire chez d’autres le compte-rendu loufoque des requêtes Google qui t’avaient amené chez eux, je me suis dit que quand je serais grand moi aussi je t’accueillerais avec le sourire (en coin). Et voilà qu’en décembre tu es venu, me dit-on, sur la petite route escarpée qui mène de Google à chez moi. Alors je suis allé voir…
Ce que j’apprends d’abord, c’est que tu es venu nombreux. Par (petites) centaines depuis novembre. C’est émouvant.
Souvent c’est moi que tu cherchais – peut-être d’ailleurs lis-tu ces lignes, et je te salue.
Parfois tu m’a pris pour un oracle : à plusieurs reprises, tu as tapé "président 2007", "générations mutantes" ou encore "pronostic présidentielle" et tu es tombé ici. J’en suis flatté.
Un jour, très sérieux, tu as entré "devoir de pardon". Je te pardonne.
A d’autres moments, tu avais surtout besoin de légèreté, alors tu tapais "bonnasse", "lucarne à blaireaux", "nique ta mère", "demoiselle mini-short"… Une fois même tu t’es égaré avec "mamie suce", mais au fond tu n’allais jamais très loin – comparé à ce que me racontent certains bloggers qui savent mettre des mots sur leur cul, tu étais bien sage, même pas drôle en fait.
Et puis…
Et puis il y a Ariane. Massenet. Tu sais, celle qui dans la lucarne passait pour une intello parce qu’elle faisait tandem avec Fogiel et que le contraste était mal réglé, celle qui voici deux semaines demandait à Villepin : "et Ségolène, sur dix vous lui mettez combien ?"
Mais suis-je bête : évidemment que tu le sais puisque tu viens la chercher ici. Je ne sais pas comment le prendre, cher internaute anonyme, mais voilà ce que m’a dit Google sur toi hier soir : dans plus d’un tiers des cas (oui, plus de cent fois !) tu es tombé ici parce que tu avais tapé sur ton petit clavier "ariane massenet décolleté" ou une variante avec faute d’ortograf. Comme tu as dû être déçu ! Et pourtant chaque jour tu reviens, tu espères une photo sans doute. Ou mieux - une vidéo que tu pourrais mater peinard une fois les enfants couchés.
Entre nous, t'es quand même un sacré blaireau, anonyme internaute. Moi aussi, parfois, mais quand même. Enfin, j’espère que tu feras mieux en janvier. En attendant, promis, je penserai à toi chaque fois que j’entendrai parler d’exception culturelle ou de grandeur de la France, tout ça...
D’ailleurs, bientôt je te parlerai de Marie George Buffet. Je te préviens tout de suite, je ne mettrai aucune photo à poil. Allez, amuse-toi bien devant ton ordi, et à bientôt !
10:15 Publié dans Lettres ouvertes | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note


