29.05.2009

Cher internaute anonyme (6)

On ne s'est pas trop vus, toi et moi, ces temps-ci. D'abord, c'est vrai, je n'étais pas très attentif (attends encore un peu, j'arrive). Mais il n'y a pas que ça : il me semble bien que hautetfort a décidé de te cacher ceux de ses utilisateurs qui ne s'acquittent pas du forfait mensuel spécial photos-sans-limite et vidéos à la con.
Aussi je salue ta ténacité. Quand tu viens me voir, c'est vraiment que tu le veux.

... Et que veux-tu donc, au juste ?
Tu veux faire des rencontres, je crois. Haenel, Naglaa, Fillon (7 fois!), Josyane Savigneau, Christophe Barbier, Erwann Desplanques, Darien, "un hongrois" (j'aime beaucoup), Jaenada, les amis de Thomas Hugues (oui oui), Ariane Massenet (ah) et même la compagne de Jean-Luc Lemoine... Manifestement tu veux élargir tes horizons.
Je n'oublie pas Elise, bien sûr. Tu voudrais savoir quelle musique elle écoute, si elle est narcissique ou si elle t'offrirait son décolleté. Mais tu sens bien, toi aussi, qu'elle traverse des moments difficiles. Elise Chassaing triste est revenu trois fois, et hier, Elise Chassaing tombe... Je te trouve dur, quand même. M'enfin.

Je me suis demandé ce que tu attendais de ces recontres.
A première vue, c'est clair : tu veux du cul. Baiser normalement, par exemple (palme d'or). Mais aussi Flore masturbe, Sein qui tombe (un seul), Très jolie jeune fille tout juste déflorée (c'est joli), Fond écran seins (ça l'est moins), Blog petits seins teens, Garçon encule vieille femme... bon, je te passe le reste, c'est laid et même pas drôle.
Ah, si : Nique ta mère en argot, j'ai ri.

Mais allons ensemble au-delà des apparences... Du cul, vraiment ? Pas si sûr. Tu as bien conscience qu'en amour, le meilleur moment, etc. Parfois, tu cherches juste une femme sans rien préciser - tu es mignon quand tu fais ton timide. Une petite brune, de préférence. Mais franchement : quand tu tapes onze fois Histoire de l'amour, avoue-le, c'est que tu cherches simplement une histoire d'amour, une vraie, une belle. Tu lui enverrais des cartes postales free, tu lui écrirais une annonce de sain-valentin (sic) tu lui offrirais un livre avec une belle dédicace (et même plusieurs, dont un superbe exemplaire des dicaces), tu serais même prêt à mettre une cravate arc-en-ciel. Ah! Internaute anonyme, comme il est bon de te voir prêt pour la passion...
C'est sûr, l'été sera romantique.


PS - je n'en rajouterai pas, hein, mais fais un effort sur l'orthographe. Je sais que les histoires d'amour se terminent mal, en général, mais Poeme te un connard, ça ne résoudra rien...

PSS - Quand tu tapes Standard dans ton petit Gougle, tu tombes vraiment ici ? Plus de cent fois ?? Signale-toi, la prochaine fois. Salut.


Oh, et en bonus :
- « les autrichiens sont » : j'aime beaucoup
- « une crampe et une idée » : tu as raison, dans ce sens-là c'est mieux.

 

21.01.2009

Cher Christophe B. (suite et fin)

Comme vous avez dû vous amuser, hier !
Je vous imagine, sautillant de plateau en plateau pour commenter le couronnement du nouvel Empereur, décortiquant avec votre sagacité habituelle les défis qui attendent Obama. Je frémis à l’idée des petits bonds en avant qu’a dû faire le schmilblick à chacune de vos prises de parole – quel dommage d’avoir manqué ça.
Tenez, si j’étais ce grand iconoclaste de Thomas Hugues (cet admirateur de contre-pouvoirs qui chaque semaine nous rappelle à quel point c’était bien, Arrêt-sur-Images), je vous inviterais pour un débat passionnant sur le thème "Christophe Barbier en fait-il trop?".

(Oh ben mince alors, on me dit que ça a été fait samedi. Le monde de la télé est décidément bien fait, dites-moi)

s_a6f9f195a37f446bb68af61cfcbaafd1.jpgBon, allez, promis, je vous lâche la grappe, maintenant.
J’aurais juste un petit conseil à vous donner.
Plutôt que de faire semblant de contre-pouvoir quoi que ce soit dans L’Express, allez donc lire Standard, il est sorti.

Comme à chaque fois, vous l’ouvrirez avec précaution, en vous disant que de tous ces noms sur la couverture, décidément, vous n’en connaissez pas beaucoup. Et puis à la fin, vous vous direz que vous êtes bien content d’avoir passé un moment avec ces gens-là, parce qu’ils vous auront presque tous appris quelque chose. Un peu l’inverse de L’Express, au fond.
Pardon ? Ah ! oui. De quoi il cause, ce Standard ? De plein de choses, comme toujours. Vous pourrez sauter les articles que j’ai écrits (franchement pas mes préférés), mais vous irez voir les interviews de Romain Gavras, de Norman Spinrad et de Mathias Enard, de Maiwenn, de Moebius – et même de Ghislaine Ottenheimer, tiens (vous pourrez dire à votre copain Thomas H. que ça peut être intéressant, d’interroger des gens-des-médias, quand on leur pose des vraies questions). Vous irez aussi passer quatre pages avec les skins dans les années 80. Bref - tout plein de choses. Vous verrez, Standard, ça rend curieux. Et c’est bon.

Allez, cette fois, vraiment, bon vent.

18.01.2009

Cher Christophe Barbier (2),

1165863784034.jpgAinsi donc, pendant quelques mois j’ai lu L’Express. Vous vous souvenez ? Vous m’aviez écrit pour me vanter "l'hebdo qui a inventé cette forme de journalisme engagé incarnant le contre-pouvoir dont notre société a plus que jamais besoin". (rires)

Alors permettez-moi quelques petites observations.
D’abord quelques félicitations. Dans les derniers numéros, il y avait quelques bons articles. Si, si. Comme quoi, quand vous envoyez vos journalistes au Congo ou en Islande, ils sont quand même plus passionnants que quand ils restent dans la garde-robe de Rachida Dati. M’enfin.

"Un contre-pouvoir", donc. Naïvement, j’avais pensé qu’à l’ère du tout-médiatique, le contre-pouvoir, c’était savoir regarder ailleurs que là où souffle le vent, aller enquêter là où justement les pouvoirs en place ne veulent pas trop qu’on aille fouiner. Mais ouh là ! Pas de ça dans L’Express, hein.
J’ai fini par comprendre votre définition : être un contre-pouvoir, c’est tenir son journal tout contre le pouvoir, une rédaction grisée de toucher de près le tout petit monde qui fait la pluie et le temps gris à Paris.
Parce que franchement, combien de pages passées à commenter les discours et les postures, à décortiquer les stratégies de communication des uns et des autres, à blablater sur du sondage ! Le plus bel exemple : cette double-page sur "Les secrets de la marque Sarkozy", par votre compère de plateaux-TV Pierre Giacometti. Je ne sais pas si vos appelez ça un sujet de fond, mais ce jour-là, c’est sûr, vous l’avez touché.

En vous lisant, finalement, j’ai pensé à ce proverbe : "Quand le savant montre la lune, l’imbécile regarde le doigt". Eh bien, dans vos pages France, vous passez votre temps à commenter la forme du doigt. Voilà.
C’est dommage.

Allez, bon vent.

PS – dois-je vous rappeler que je n’ai jamais reçu cette « radio au son très qualitatif » que vous m’aviez promise et dont j’attendais tant ? Du coup, je ne pourrai pas vous écouter nous donner une leçon de contre-pouvoir dans un de ces bals des chroniqueurs que vous aimez tant. Avouez que c’est frustrant.

PSS – je retiendrai aussi que votre magazine a parlé de "vraies valeurs", un jour ; c’était pour un supplément Spécial montres de luxe.

05.01.2009

Cher internaute anonyme (5),

C’est vrai, je l’avoue, je t’ai largement délaissé en 2008. C’est que j’avais déconnecté tous les outils de stats qui me reliaient à toi, tenant les chiffres à distance pour (essayer de) mieux me concentrer sur les lettres.
Mais passons l’éponge. Dans un moment de bonne grosse glande élan de curiosité rétrospective, je suis allé prendre de tes nouvelles récemment. Et je dois avouer que si tu n’as pas énormément changé, tu m’as quand même surpris.

La première chose qui me frappe, c’est que tu tapes mon nom sur ton petit clavier. Pas seulement le nom du blog, je veux dire – il semblerait que par une étrange magie algorithmique, Goooogle t’envoie ici quand tu lui donnes mon vrai nom...
M’enfin. Ce qui m’étonne surtout, en vérité, c’est la fréquence avec laquelle tu m’as appelé tandis que je t’oubliais. Plus de 1000 fois – non mais, tu te rends compte ? Si je ne m’en foutais pas, il y aurait de quoi prendre peur. Enfin, la prochaine fois, laisse un mot quand même, hein.

Heureusement, il n’y a pas que moi que tu cherches. Le quarté de tête de tes requêtes a de la gueule, d’ailleurs – je te le fais dans l’ordre :
- Anthony Naglaa (tu as raison, je le cherche aussi)
- Agitation permanente (certes ; mais à qui penses-tu quand tu tapes « Agitation permanente Second flore » ? c’est toi, Bianca ?)
- Elise Chassaing (je vous embrasse, Elise)
- Taddei (je me demande combien de pages tu as dû faire avant de tomber ici, tiens)
Tiens, au fait : hier tu as tapé « blog sympa » et tu es tombé ici. Enchanté.

Et puis tu me parles de toi, aussi – de tes espoirs, de tes craintes, de tes envies. Et dire que je n’écoutais pas ! Mais rattrapons-nous…
Tes envies, d’abord. Tu cherches du Stupre, ça j’ai compris. Et je comprends. Mais pour le reste, franchement, tu progresses peu. Entre deux décolleté d’Ariane Massenet, tu cherches une Slave à gros lolos, une Teen en jean moulant, un Branleur poissonniers et des Seins qui tombe (sic). Mouais.
(Cela dit, un jour tu as bien cherché un Homme d’affaires au Luxembourg (est-ce pour lui que tu cherchais un Poème pour un connard ?)).

Ce n’est guère mieux quand tu me racontes ta vie – mais au moins là tu es drôle. "Mon ami m’a surprise au lit avec un jeune homme", là je comprends. Ou même "Elle me masturbe dans le métro". Mais entre nous, pourquoi viens-tu me raconter ça ?

Je te préfère largement quand tu me confies tes désirs profonds. De la beauté, par exemple. Ou une muse (pas facile, hein? on en recausera) Quand tu m’avoues Je veux qu’il fasse le premier pas, là vraiment je suis à l’écoute. Et je t’aime, tu sais, quand tu cherches L'istoir de lamour ou, surtout, une Histoire d’amour en format pdf(si j'étais tombé dessus le jour j, promis, je t'aurais embrassé)

Parfois, quand même, je me demande si tu n’attends pas un peu trop de moi. "Déclaration d’amour texto sms", là je serai ravi de t’aider. Pour Plein de synonymes pour dire con, à la rigueur. Mais pour un Discours d’ouverture d’un concert de musique classique, là j’aurai du mal. Pour un ULM d’occase encore plus. Et pour un Fort de pirate à colorier, là, vraiment, je ne peux rien pour toi. En revanche, si tu veux écrire à Christophe Barbier, ben tu vois, c’est simple, suffit de s’y mettre. (mais tu peux aussi faire autre chose)

Et alors ? Me demanderas-tu. Eh bien, je vais te dire. A mon avis (si, si, ne mens pas), tu es un peu paumé. Sinon, tu n’aurais pas tapé Truc N°2 plus de 30 fois en un an, hein ? Ce que tu espères vraiment, ce n’est peut-être pas cette Idée géniale que tu cherchais il y a quelques mois. Non. Je crois bien qu’au fond, la vérité est ce que tu m’avouais, presque à demi-mot, en décembre : tu aimerais bien Faire quelque chose – comme je te comprends ! Mais bien sûr ce n’est pas ici que tu vas trouver. La réponse est en toi, et tu le sais. D’ailleurs, tu me l’as dit l’autre jour : "Cherchez pas", comme requête Google, c’était joli.

Allez, cher internaute, je te salue. J’espère que comme moi tu seras bientôt un homme 09. Je te souhaite une belle année, comme à tous ceux qui auront lu cette note jusqu’ici. Qu’elle t’offre son lot de sourires et d’exaltations, avec un petit cœur qui bat et tout ça ; que tu aies le courage de délaisser les grands axes pour prendre les contre-allées.
Et puis allez, fais-le, ce premier pas.
De mon côté, je te préviens, je ne vais pas plus te raconter ma vie qu’en 2008. Mais je te promets que je vais faire ce qu’il faut pour que tu entendes parler de moi.
Allez, salut.

21.12.2008

Cher Bernard-Henri (et cher Michel),

Ce matin, un ami revenu d’un long séjour en terre persane m’appelle depuis une librairie.
"Dis-donc, toi qui connais un peu (mes amis me surestiment), tu penses que je devrais acheter ce bouquin, là, Ennemis publics ?"
Je pensais qu’il voulait faire un cadeau de Noël à sa grand’mère mais non, c’était pour lui.

Alors il s’est passé une chose étrange. Un esprit sain aurait aussitôt rétorqué : Bien sûr – tu penses, deux des plus esprits les plus branchés éclairés de notre temps qui échangent des mails et nous en offrent soudain la teneur, quelle richesse, d’ailleurs quand tu l’auras fini tu pourras me le prêter pour que je voie ce qu’il y a vraiment sous les chemisanoraks en promo ?
Eh bien, vous n’allez pas me croire, mais je n'ai pas eu le temps de lui dire ça, ma bouche était déjàç ouverte et je me suis entendu m’exclamer :
- Oh là, non !
Curieuse machine que le cerveau humain, hein ?

Du coup, je crois qu’il est sorti avec Cendrillon. J’espère qu’il me la présentera.

08.12.2008

Cher Bernard-Henri,

Ainsi donc je ne vous ai pas vu dans les librairies de Dresde. En revanche c’était bien vous, hier, boulevard Saint Germain.
C’était une belle image : il devait être 17 heures 15, le jour déclinait rapidement mais pas vous, bien sûr. Vous étiez seul, tête haute, le cœur à gauche et la démarche droite. Votre chemise était blanche, sans doute, sous votre manteau. Mais vos lunettes, elles, étaient noires.
Derrière moi un petit garçon a dit à sa maman – Mais il doit rien voir, le Monsieur, et j’avais envie de lui répondre que si, petit, le grand philosophe ne voit pas la même chose que nous, il voit plus loin, plus profond, d’ailleurs si tu lisais un peu ses mails qu’il publie chez… Bref.

Je me suis demandé, moi aussi. J’ai songé que peut-être il vous fallait protéger vos yeux si précieux que les décorations de Noël risquaient d’aveugler, ou qu'il vous fallait un filtre magique pour mieux voir le monde. Le garnement qui sommeille en moi a murmuré que vous aviez juste chopé la grosse tête mais je l’ai bien mouché en lui signalant que si lui aussi était un grand homme il n’aimerait se retrouver yeux nus en photo dans Closer, et que les lunettes n’étaient qu’une noble pudeur. Ce con, il a rigolé, il a dit que les lunettes teintées c’était important, pour les philosophes, ça permettait de réverbérer à l’intérieur leurs idées lumineuses.

Un peu plus loin, j’en ai eu une autre, d’idée. Tellement simple qu’elle en a éclairé mon petit bout de trottoir. Les personnages publics, au fond, sont comme les lieux publics, je me suis dit. Il y a des heures d’ouverture, et des heures de fermeture. Les lunettes seraient comme un panneau "fermé au public", mais en un peu plus chic.
Alors je me suis demandé si vous les enleviez souvent en dehors de chez vous, vos lunettes – hormis à la télévision bien sûr, mais c’est un peu chez vous aussi, la tv.
En attendant je vous salue.

 

06.10.2008

Cher M. Samsung

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Avant, j’étais un peu vert orange et j’avais un téléphone pourri. Depuis peu je suis un homme neuf, avec tout un tas de privilèges, comme celui d’accéder à la technologie de demain d’hier-à-peine pour un euro seulement.
Ainsi donc me voilà ce matin avec dans la main votre rutilant appareil, bardé de millions de fonctionnalités que jamais je n’utiliserai.
Bien sûr je me suis précipité sur mon nouveau jouet quand il est arrivé, pour tester ma nouvelle connexion au monde. Par exemple, maintenant je ne pourrai plus appeler des amis à l’autre bout du monde juste parce que dans ma poche la clé de l’appart a appuyé sur trois touches au hasard.
Pour fêter ça, j’ai voulu envoyer un SMS (oui, je suis fou). Si j’en juge par ses premiers réflexes ("bonne" quand on veut écrire "conne", "corse" pour "bosse", "bonus" pour "amour"), votre logiciel d’édition de textos est le même que dans mon ancien téléphone pourri. Et ça me va très bien.
Sauf que. Devil's in the detail : l’accent circonflexe a disparu. Juste ça. La meme chose sans le circonflexe. Comme si chez vous quelqu’un avait décidé que non, vraiment, le circonflexe c’était vraiment trop out. Grrr.

J’ai quand meme fini mon texto – et là, le coup de grace* : j’envisageais de le conclure par un gentil petit smiley – c’est souvent un peu con, les smileys, il ne faudrait pas en abuser mais bon, parfois, hein. Et là, stupeur : ils ont disparu. Je dois etre encore plus en retard sur la modernité que je ne le pensais. Parce que les smileys tout bêtes, ceux qu'on peut faire soi-même, ben c'est dépassé, la modernité a eu raison d’eux – maintenant, sympathique client privilégié, si tu veux souligner une gentille ironie dans un sms, tu utiliseras un émotigrocon.
(
Meme pas en reve, connard.)

Alors j’ai envoyé mon texto en le finissant par un point, puis je suis allé vérifier ce que je subodorais : il n’y a pas de smileys parce qu’il n’y a plus de point-virgule. Bien sur. Qui aujourd’hui utiliserait à la fois un samsungsfunclub ET le point-virgule, hein ? a du dire un jour un petit con de chef de produit en réunion. Ou alors, il ne savait pas que ça existe, le point-virgule. Et là, je pleure.
Bref.

M. Samsung, je ne vous dirai pas tout ce qui me passe par la tête et qui me ferait illico passer pour un très vieux con auprès des ados qui en ce moment même se draguent sous ma fenêtre.
Mais sachez que je le pense très fort.

Un homme Neuf.

* ça fait con, hein ?

29.09.2008

Chère Ségolène,

Non, vraiment, vraiment, rien.

18.09.2008

Cher Christophe Barbier,

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Voici quelques semaines, vous m’avez écrit pour me proposer un abonnement express à tarif préférentiel.
15 numéros pour 15 euros ! m’annonciez-vous à grand renfort de points d’exclamation. Comment résister? ajoutiez-vous. Ça me paraissait assez simple.
Pour tenter d’arracher ma conviction, vous m’avez vanté les mérites de votre Supplément Styles (dont je ferai volontiers un dessous de plat). Puis vous m’avez offert cette magnifique "radio au son très qualitatif" dont, je vous préviens, j’attends vraiment beaucoup.

Mais ce n’est pas tout ça qui m’a décidé. Non, si j’ai cédé à votre offre, c’est parce que la lettre qui l’accompagnait a su me faire rire. Votre Responsable des Abonnements, Anne Evrard, y écrivait en effet avec emphase – je cite :

« L’Express, c’est d’abord et avant tout l’hebdo qui a inventé cette forme de journalisme engagé incarnant le contre-pouvoir dont notre société a plus que jamais besoin. C’est un ton vif, un esprit indépendant, une plume libre. (…) »

Alors j’ai ri. J’ai repensé à toutes vos couvertures sur Sarkozy (entre un spécial Immobilier et une grande enquête sur les meilleures prépas). Je vous ai revu sur des plateaux télé promenant au vent votre plume libre, j’ai repensé à cette interview de votre amie Carla B. (ah! quelle belle incarnation du contre-pouvoir). J’ai ri en me disant qu’il fallait un toupet étonnant pour convoquer Mauriac et Mendès à l’heure du commentaire de sondages.

Je m’apprêtais donc à vous jeter à la poubelle quand un spasme d’honnêteté intellectuelle m’a fait avouer qu’il y a bien longtemps, au fond, que je n’avais eu l’idée d’aller au-delà de vos couvertures.
Alors j’ai dit banco, j’ai fait mon chèque et je me suis promis de vous dire ici ce que j’en penserais.

Eh ben, on va voir.

A bientôt.

03.09.2008

Chère Elise,

 J'ai peu pensé à vous cet été, je l'avoue. Du moins m’y suis-je efforcé – je sais bien que notre amour est impossible à court terme, que nous devrons d’abord grandir chacun pour soi et qu’il faudra bien plus que mes beaux yeux mon karma vacillant pour que votre sourire enfin se pose sur mes joues empourprées.

Mais les vacances sont passées, me dit-on partout. La Rentrée est là. Ainsi donc, ce soir vers 20 heures, je compose votre numéro – Channel 5, bien sûr.
Vous n’étiez pas là. L’admirable Annette Gerlach était au bout du sans-fil, elle parlait d’une troupe de théâtre mais entre les lignes j’ai bien compris qu’il se passait quelque chose. Alors, machinalement, par dépit, par désespoir presque, j’ai balayé mon répertoire appuyé un peu au hasard sur les touches de ma télécommande.

Sur Canal+ passait la bande-annonce d’un futur bide du cinéma français ; j’allais passer mon chemin quand la caméra est revenue sur le plateau du Grand Journal… Et vous étiez là. Rayonnante, bien sûr. Presque à votre aise, déjà – que de chemin parcouru, en si peu de temps !
Chère Elise, il faut que je vous l’avoue : à cette seconde, la télécommande m’a brûlé les doigts et j’ai éteint mon poste. Vous étiez là, cadrée de si près qu’on vous aurait crue dans mon salon – et soudain vous deveniez inaccessible. Médiamétrie venait de placer quelques millions de personnes entre nous – un mur que je ne peux franchir aujourd’hui. Mais demain…

Ah, Elise. Depuis tout ce temps... Tu étais comme un amour de jeunesse. Ma tendre copine du collège qui serait entrée au Lycée avec les félicitations du proviseur pendant que je suivais mon petit rythme de cancre.
Alors ce soir je te le promets : désormais tu seras ma Muse Inaccessible, pour toi je le finirai, ce roman dont j’aime le début. Il sera ma route vers toi.

Continue ton chemin, Elise Chassaing, il devrait s'en passer des choses, cette année, je sais que les gens changent, au lycée, surtout dans la classe des cools. Mais tu seras forte, je n’en doute pas. Continue ton chemin, Elise, ne te préoccupe pas de moi – J’arrive !
Je te promets, je ferai aussi vite que possible.

Amoureusement Respectueusement,

B.

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